La vie d'une Quiche

Deux semaines et deux ans

Je viens de perdre tout ce que j’avais écris… J’ai pas le courage de tout retaper. Il faut juste que je me souvienne que le 8 novembre, Roxy, notre dernier arrivé en matière de chat s’est fait écrasé et j’ai eu l’horrible surprise de le voir de mes propres yeux, le matin, à 5h50 en partant avec Papa à la gare pour aller au travail. J’ai beaucoup pleuré. Beaucoup. Après quelques jours de réflexion, j’ai appelé Maman pour lui dire que, le mieux, c’est qu’on ne le dise ni à Sousoune, ni à Yoyo. A Sousoune parce qu’on avait déjà eu cette discussion toutes les deux et qu’on s’était dit qu’on préférerait toutes les deux ne rien savoir si un jour un tel drame se produisait pour pouvoir imaginer que, quelque part, notre très cher chat s’épanouissait agréablement. Et je me suis dit que c’était égoïste de ma part de vouloir qu’elle le sache aussi pour avoir quelqu’un avec qui partager ma tristesse. Et puis Sa' s’en serait moins bien sortie que moi. Et puis je ne veux pas qu’elle échoue dans ses études de médecine parce qu’elle serait trop triste. Je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure décision, mais à sa place, j’aurais aimé qu’on ne me dise rien. J’aurais voulu ne rien savoir moi aussi. Mais du coup, Yoyo sait. Il a lu un échange de sms entre Maman et sa copine alors il sait. Il connaît la vraie raison de l’existence du cochon d’Inde que Maman a pris pour Sa' quand elle pensait encore avoir à lui annoncer la nouvelle. J’espère qu’il saura tenir sa langue… Du moins, suffisamment longtemps pour que la pilule passe plus facilement.

J’ai pas eu le courage d’écrire à cause de ça. Mais aujourd’hui, il fallait que je le fasse. Parce que ça fait deux ans avec mon Gwen. Deux années magnifiques qui sont passées aussi vite qu’elles sont passées lentement. J’ai l’impression d’être avec lui depuis une éternité tellement on se comprend bien. Tellement on se désamorce mutuellement. En deux ans, hormis le "petit soucis" d’il y a un mois, on ne s’est jamais disputé. D’ailleurs, même pendant ses quelques semaines de tensions, pas une fois on ne s’est disputé. Il lançait des piques, je m’excusais, il s’en voulait, il s’excusait. Et c’est tout. Pas de voix qui s’élèvent. Et ça pendant deux semaines à tout casser et suite à ça, notre couple n’en est sorti que plus fort.

Deux ans avec lui et je me rends compte à quel point tous les petits moments qu’on peut passer ensemble sont extraordinaires. Le mieux -ou le pire pour beaucoup de gens, je pense- c’est qu’on ne fait rien. Vraiment. On doit passer 85% de notre temps ensemble sur ou dans le lit. On parle. On rigole. On se câline. On s’embrasse. On fait l’amour. Et ça nous convient parfaitement. Des fois on se force à sortir, mais finalement, la seule chose que l’on attend, c’est de rentrer pour de nouveau se mettre dans notre petite bulle.

Et puis de temps en temps, on se fait des soirées avec Kéké et Maxime. Et c’est cool. On se met autour d’un jeu de plateau pendant 5 heures, sans rien faire d’autre, et ça nous va. Pas besoin de sortir. Pas besoin de faire beaucoup de trucs. Juste s’asseoir, parler et rigoler. Si à l’époque du lycée les soirées que mes amis faisaient ressemblaient plus à ça, je suis sûre que j’aurais moins souvent décliné les propositions. Ou alors c’est juste que j’adore l’ambiance qu’il y a quand Gwen, Maxime et Kéké sont réunis.

Bref, deux ans que ça dure et j’espère que ça ne s’arrêtera jamais. J’aime beaucoup trop cet homme.