La vie d'une Quiche

Peter Pan

J’ai tellement envie de redevenir enfant. Pas pour mieux profiter de mon enfance, mais juste pour tout revivre une nouvelle fois. Pour réapprendre une nouvelle fois. Pour voir que même quand j’étais petite j’ai dû essuyer des coups durs et mon lot de déception et que la vie maintenant n’est finalement pas plus compliqué. C’est juste que, maintenant, je n’oublie pas. Maintenant, je ressasse. Quand j’étais petite, je vivais, je souffrais et j’oubliais. Maintenant, je ne sais plus oublier, mais au final, c’est pas très grave. Il faut juste s’y faire. Le truc, c’est que ce n’est pas facile de s’y faire…

Je sais pas trop pourquoi, aujourd’hui je me sens pas très bien. Ça explique pourquoi j’ai été aussi froide avec Flo' aujourd’hui, injustement froide. Mais je suis comme ça, quand je vais mal, sans réellement m’en prendre aux autres, ils finissent pas penser que c’est de leur faute. Bon, quelque part, j’ai toujours un petit quelque chose à leur reprocher, mais ils ne peuvent pas le savoir si je ne leur en parle pas. Je n’ai pas envie de leur en parler parce que ça m’agace d’être chiante, de ne jamais être contente de ce qu’on me donne. Parfois on me donne trop et parfois pas assez. Ou alors c’est moi. Ça vient toujours de moi de toute façon. Flo' est adorable et égal à lui-même, je sais même qu’il fait des efforts avec moi, mais moi, je ne sais pas faire d’efforts. Soit ça se passe bien, soit ça se passe mal. Je n’aime pas les concessions, je n’aime pas quand les choses ne se passent pas comme je le veux. Pas dans les faits, juste dans le ressenti. Ce que je dis n’a pas de sens, mais c’est pas grave, je me comprends et plus tard, je me comprendrais aussi. Je me fais confiance pour ça.

Il faut que je parle à Flo'. Que je lui explique qu’on ne peut pas faire ça tous les soirs parce que ça devient trop routinier. Mais que ça n’enlève en rien le désir que j’ai pour lui. Juste que le virtuel et moi, ça doit juste être épisodique sinon après je me force, et quand je commence à me forcer, c’est mauvais signe. J’ai vraiment pas envie qu’on se dispute ou qu’on prenne de la distance tous les deux. C’est juste que moi, les petits sous-entendus, ça me plaisait, là ça devient énorme et constant et du coup, ça devient lourd. J’ai envie de lui, mais j’ai pas envie d’un fac-similé de film porno avec lui comme acteur principal. Je veux bien lui faire plaisir de temps en temps, mais je n’ai pas à me forcer pour lui faire plaisir. C’est tout. Je ne me force jamais. Pour qui que ce soit. Si je le fais, c’est que quelque part, j’en ai au moins un peu envie. Pareil pour cet hypothétique voyage outre-atlantique avec Bouh. Si je le fais, c’est qu’une partie de moi en a envie. Sinon, je ne le ferais tout simplement pas. J’aime faire plaisir, mais pas à mes dépends. Charité commence par soit, c’est quelque chose que je n’oublie jamais. Parce que si je ne respectais pas ça, je commencerais à en vouloir aux autres et ça, j’en n’ai pas envie. J’ai testé, ça m’a bousillé, je ne recommencerai pas. Aussi simple que ça.

J’ai repensé à un truc aujourd’hui en parlant à Sarah. En troisième, j’avais un prof de français extra et que j’adorais -et que j’adore encore même si je ne l’ai pas vu depuis plus de 4 ans la dernière fois remontant au premier jour de sixième de Sarah- et en fin d’année, j’avais réécrit une rédaction sur laquelle j’avais eu 20/20 en suivant quelques unes de ses indications et je la lui avais donné, avec une petite note à la fin de la dernière des quatre pages disant un truc du genre :"Si vous voulez, vous pouvez me faire part de vos impressions sur l’adresse mail suivante : chichi.xxxx@xxxxxx.xx (c’est une adresse que j’ai crée il y a plusieurs années donc le nom est un peu stupide)". Je n’ai bien entendu jamais reçu la moindre réponse. D’un autre côté, ça se comprend. Il a dû penser que je l’aimais et il a préféré prendre ses distances. En l’écrivant, je me doutais que ça semblerait ambiguë de toute façon. La vérité, c’est que j’admirais M. Vi. très sincèrement, je l’admirais et je "l’aimais" parce qu’il me donnait l’impression de valoir réellement quelque chose. Je me souviendrais toujours de ce qu’il m’a dit en me rendant mon 20/20 en rédaction "Je ne voulais pas mettre un 19.5/20 à un futur écrivain donc je t’ai mis un 20/20" et ça, devant toute la classe. Je crois que je n’ai jamais été aussi fière de toute ma vie. Et quelque part, je lui suis toujours reconnaissante de m’avoir fait vivre ça au moins une fois. Je me suis toujours promis que, si un jour je bouclais un de mes livres et que je le publiais, je lui ferais un remerciement spécial parce que quelque part, si j’ai gardé en moi cette petite étincelle "d’un jour je pourrais publier un livre" c’est grâce à lui. Entre autres. Mais c’est le seul à ne pas faire partie de près ou de loin à ma famille, alors c’est plus objectif. Je crois. Quoiqu’il en soit, ça me gêne un peu qu’il ait pu penser à un moment que j’ai pu avoir le béguin pour lui… Enfin, j’espère que s’il l’a pensé, ça a au moins flatté son ego. Au moins un peu…

C’est marrant, mais parler à Yoyo hier, ça m’a vraiment bouleversé en fait… Depuis ce matin je me sens bizarre. Bizarre dans le genre je veux m’avachir dans le canapé sur Papa et regarder un film avec eux tout en embêtant Yoyo parce que je le toucherai avec mes pieds… Ça me manque tellement tout ça…