La vie d'une Quiche

Le jour où j'ai failli tout gâcher

J’ai vécu l’un des pires moments de ma vie samedi matin. Et je pèse parfaitement mes mots…

Gwen est venu passer le weekend chez mes parents et on venait de faire l’amour alors, comme d’habitude, je m’étais éclipsée 5 minutes aux toilettes histoire de et quand je suis revenue, je le vois le visage fermé et très rapidement il me demande des comptes sur une certaine conversation que j’ai eu avec une certaine personne que je ne mentionnerai pas parce que je n’ai plus envie de retomber un jour sur ce nom en me relisant.

Bref, je constate donc qu’il est tombé sur une conversation Skype où un de mes "ex" (si on peut appeler ça comme ça vu qu’on ne s’est vu en tout et pour tout que deux fois...) m’avait envoyé des photos de lui en pleine action avec des ex à lui et moi qui lui demandait s’il montrait aussi les photos qu’il avait sur moi à n’importe qui comme ça… Donc, dans un premier temps, Gwen a été choqué qu’il puisse m’envoyer des photos comme ça, que lui ait des photos de ce genre sur moi et surtout que je continue de lui parler avec tout ça. Et je ne peux que comprendre son incompréhension. Ce n’était même pas quelqu’un que j’appréciais vraiment. Le seul truc, c’est qu’il avait une vie de merde et j’avais peur de la rendre un peu plus merdique en l’envoyant bouler. Comme si, moi, j’avais le pouvoir de changer sa vie… Certes, je lui donnais des conseils quand il rencontrait une fille. J’essayais de lui remonter le moral quand il allait mal. Mais oui, j’aurais juste dû tout simplement couper les ponts avec lui quand j’ai commencé à constater qu’il ne pouvait s’empêcher de faire des remarques déplacées. Que ça n’avait rien d’amical. Que le fait qu’il ait une vie pourrie ne justifiait pas ça. J’aurais tout simplement dû m’éclipser dès que j’avais constaté tout ça. Mais non, j’arrêtais juste de lui parler quand il abusait et dès qu’il revenait pour des conseils ou me parler de ses problèmes, j’étais dispo. Putain de messages contradictoires que je lui envoyais… J’aurais juste dû tout arrêter. Le bloquer, le supprimer et ne plus jamais penser à lui. Comme je disais, ce n’était même pas comme si je l’aimais un tant soit peu. Il me faisait juste pitié. Ne jamais parler à quelqu’un parce qu’on a pitié. C’est une mauvaise chose.

Bref. Gwen a très mal vécu ça. Il s’est senti blessé dans son orgueil, a eu l’impression que je l’avais trahi, que je lui avais menti et je ne peux que le comprendre. Si lui m’avait fait un truc du genre, j’aurais eu beaucoup de mal à m’en remettre. J’aurais perdu toute confiance en moi. Et peut-être confiance en lui… Et je sais qu’on ressent les choses un peu de la même façon, c’est pour ça que ça me fait d’autant plus mal. Je suis mal depuis samedi. Mal parce que je me dis que s’il n’était pas si génial, s’il ne m’aimait pas autant, tout serait terminé. Et ça aurait été entièrement de ma faute. Je n’aurais pu n’en vouloir qu’à moi-même. Je n’en veux qu’à moi-même. Je le savais quand il avait pris ces photos qu’un jour je m’en voudrais. Que ça me poserait problème. Mais j’ai toujours eu du mal à dire non. A ne pas faire ce que les gens attendent de moi.

Mais j’ai changé. Depuis que j’ai rencontré Gwen, j’ai changé. Et en mieux. J’arrive plus facilement à exprimer ce que je ressens. Je sais demander pardon quand je suis en tort et j’ai appris aussi à assumer mes décisions. Comme lorsque j’ai décidé d’arrêter là mes études pour commencer à travailler. Alors que tout le monde me voyait poursuivre. Gwen m’a toujours encouragé dans mes décisions et ça me tue intérieurement de l’avoir fait -de le faire- souffrir. C’était tellement la dernière chose que je voulais faire… J’ai toujours voulu éviter ça et là mon putain de passé de merde me rattrape au moment où je m’y attends le moins…

Samedi, je haïssais l’autre parce que je me disais que c’était de sa faute tout ça. Les photos, les messages… Mais en fait, aujourd’hui, en y réfléchissant, j’ai compris que la seule fautive, c’était moi. J’ai juste été une grosse conne et j’ai failli tout perdre parce que je suis persuadée que tout tourne autour de moi et que le bonheur de chacun dépend de moi. Alors que je devrais juste me soucier de rendre Gwen heureux. C’est le chéri le plus parfait au monde et moi je suis juste conne. Même pas capable de lui rendre la pareille.

Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas détestée à ce point.

En fait, tout ça était bien plus facile à supporter ce weekend, quand il était là. J’ai jamais aimé la confrontation, mais là j’ai désespérément besoin de lui près de moi. C’est pour dire à quel point je l’aime… En temps normal, j’aurais fui. J’aurais attendu qu’il se décide à revenir vers moi, s’il le décidait… Sinon j’allai déprimer quelques semaines et rapidement repasser à autre chose. Mais là, à la seule pensée que tout pouvait finir, j’ai paniqué. Mon coeur s’est emballé. Mes entrailles se sont resserrées et mon cerveau perdait totalement pieds. C’était comme tomber dans un gouffre sans fonds. Et ça m’a fait mal quand il m’a dit que j’avais baissé dans son estime. Même si c’était surtout dit sous le coup de la colère et que c’était justifié.

Je crois qu’il va falloir que je regagne sa confiance dans les prochains mois. Et avec la mémoire qu’il a et son côté rancunier, ça va demander du temps. Mais il en vaut la peine. Tellement tellement. En fait, je me suis rendue compte que, sans lui, je n’étais plus rien. J’ai fait les choses mécaniquement aujourd’hui. Tant que j’étais occupée, ça allait, mais dès que mon cerveau arrêtait de se concentrer, je pensais automatiquement à lui, à tout ça et j’avais envie de pleurer. Et de me faire du mal aussi. Parce que je me déteste réellement pour tout ça. Je sais pas trop de quoi ça paraît vu de l’extérieur, mais j’ai vraiment l’impression d’avoir brisé sa confiance et je me hais pour ça parce que je sais qu’il m’a toujours fait confiance aveuglément, qu’il a remis son coeur sans question entre mes mains et moi, sans le vouloir -heureusement d’ailleurs-, je lui ai fait du mal. Je crois que c’est le point dans cette histoire que j’ai le plus du mal à supporter.

Heureusement, on a pu parler ce soir. On a pu remettre un peu les choses à plat, voir où chacun se situait et il fait bonne figure. Et il a été tellement compréhensif et rassurant. Sérieusement, s’il vous plait, faites que tout s’arrange parce que lui, c’est très clairement l’homme de ma vie et je veux pas le perdre pour une histoire comme ça.

Vivement vendredi que je puisse le revoir. Même s’il m’en veut, je me sens quand même mieux avec lui que sans lui…